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(clavier arabe ...)
Je decouvre a la veille de notre depart le hammam egyptien au decor et a la fonction
bien different de celui du Maroc. Des bedouins aux nubiens tous les egyptiens ont
une salle de bain, le hammam n est plus un lien social. Il en reste quelques uns au
Caire dans des quartiers populaires, ils resistent au temps et nous offrent les plus
beaux decors. Celui que nous choisissons s ouvre sur un patio defraichi au decor
theatral et aux couleurs surannees. Quelques femmes autour d une table fument
la chicha et nous accueillent chaleureusement. Nous entrons dans une premiere
salle plongee dans la penombre ou nous nous deshabillons. L envie irresistible de
tout photographier me vaudra des cris et la confiscation de mon appareil.
Une deuxieme petite piece offre un bain chaud dans lequel nous nous plongeons
avec plaisir. A force de chahuter, Timothee a bu une gorgee d eau d amibe et de
culture en tout genre avant que je ne l arrache du fond bouillonnant.
J accepte ensuite la proposition de gommage d une femme aux formes genereuses.
Allongee a meme le sol, un nouveau sort m etait jete. J oublie l odeur indefinissable
du sol detrempe et m abandonne au va et vient vigoureux du gant de crin, de la tete
aux pieds et des pieds a la tete. Je comprends ensuite que je dois me diriger vers
une autre femme qui m attend au coin de la porte, un sceau a la main, prete a
subir l energique mais indispensable rincage. Nous voila fin propre, embellit,
peaux de peche prete a affronter la pollution du Caire. Sur le depart, on me
propose de faire des photos de cet endroit improbable, fichu au beau milieu d un
quartier industriel.
Un grand merci a Neama pour la decouverte de ce lieu que j ai adore.
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